4h00 sur le marathon de Milan 2018 :

L'école de la vie...

Ce dimanche 8 avril 2018 a été synonyme de marathon pour un grand nombre de coureurs. 42 095 à Paris, 11 400 à Rome et 5552 plus moi à Milan. Premier constat : si on sait qu’on va accrocher un dossard, les Milanais eux seront les premiers surpris ! Aucune communication n’est visible, pas d’affiches, pas de banderoles, pas d’informations. Quelques feuilles A4 aux arrêts de tram pour prévenir de l’arrêt de circulation et c’est tout. Pour le village expo, même combat ! Pas de signalétique, personne au courant de la manifestation, plus d’une heure pour trouver le hall d’expo pour le retrait des dossards. Encore une fois, on est loin du Salon du Running de la Porte de Versailles, mais au moins, une fois sur place, c’est rapide.

Le jour J, pour accéder à la ligne de départ, il faut d’abord choisir l’une des 4 portes d’entrée avec portique de sécurité. Il faut donc prévoir de la marge avant de pouvoir accéder aux consignes. Vous devez choisir lors de votre retrait du dossard par quelle entrée vous souhaitez entrer et l’on vous remet une carte d’accès, mais finalement, je n’ai pas eu l’impression que ce n’était pas vraiment contrôlé.

 

 

9h00 : le départ

Lors de l’inscription, le sas de départ nous est imposé en fonction de notre temps de référence sur marathon. Il est possible de le changer sur demande jusqu’à 3 semaines avant le départ. Cependant, le nombre de coureur étant assez réduit en comparaison à Paris par exemple, et si comme moi vous visez un chrono d’environ 4h soit un placement dans le sas 6, au moment où le départ fut donné, je me suis retrouvée dans le sas 3 à force d’avancer au fur et à mesure vers la ligne de départ. La température était agréable, environ 12 degrés et un soleil très légèrement voilé. D’ailleurs, nous n’avons pas souffert de la chaleur car même s’il faisait 18 degrés à midi, une brise rafraichissante et les nombreux points d’eau plus éponges sur le parcours ont permis d’éviter une surchauffe. Information utile : se placer à gauche de la ligne de départ, le premier kilomètre se fait sur deux voies et je me suis retrouvée sur la voie de droite, bien plus dense que celle de gauche. Il n’était pas possible d’imprimer l’allure voulue dès le début, il a fallu jouer des coudes dans les premiers kilomètres pour trouver un peu plus d’espace.

 

 

Le parcours

Roulant ! C’est l’information à retenir, d’ailleurs les organisateurs le vante en tant que « marathon le plus rapide d’Italie ». Mais avec deux gros bémols : tout d’abord, les panneaux qui annoncent les kilomètres sont petits, peu visibles et surtout la plupart du temps mal placés. J’ai pour habitude de « laper » à chaque kilomètre afin de vérifier mon allure, mais clairement, quand il y’a 50 ou 100m d’écart entre le GPS de la montre et le panneau, j’ai fini par abandonner l’information en bord de route. D’ailleurs, si vous voyez une ligne bleue apparaitre de temps de temps, ne vous réjouissez pas de pouvoir suivre la trajectoire optimale tracée au sol par l’organisateur, il s’agit juste de places de parking ! Le parcours, c’est plat ! Il y’a des portions de pavés ou de rails de tram mais rien de problématique, cependant niveau ambiance, on est loin des marathons populaires. J’ai regretté plusieurs fois de ne pas avoir pris de musique, car on s’éloigne rapidement du centre-ville, et l’on se sent vite seul (quoique, on a du cohabiter plusieurs fois sur des routes avec une voie pour les coureurs et une pour les voitures…). La douce mélodie des clés de maison rangées dans la poche du short du gars devant ou la respiration agonisante d’un marathonien en souffrance n’aura pas égaillé les longs moments de solitude où le dialogue intérieur (positif bien sûr !) prend le relais. D’ailleurs en parlant de relais, le marathon de Milan comprend également un semi et un marathon en équipe de 4. Le départ des deux autres courses étant donné 45 minutes après le marathon, nous n’avons pas été gêné par les éventuelles fusées qui auraient pu nous casser le moral, et bien au contraire les zones de relais mettaient un peu d’ambiance et permettait de lâcher quelques sourires au son des « Dai ! Dai ! Bravissimo ! ». Coté ravito, c’était tous les 5kms, avec des bouteilles d’eau de 50cl, des verres de boissons énergisantes, et des fruits. Des panneaux « ravito à 150m » permettait de se replacer pour faciliter l’accès aux tables, rien à redire, c’était bien organisé.

 

 

Ma course 

C’est dur, mais si je devais choisir un mot pour qualifier mon marathon : déception. C’est le sentiment que j’ai ressenti en franchissant la ligne d’arrivée en 4h00’’11, soit 40 secondes de mieux que mon record précédent, et seulement à 12 petites secondes d’un sub 4h qui m’aurait non pas plus comblée, mais permis d’attendre le prochain avec plus de patience. Pourtant, j’étais bien partie. A la sensation ! Il faut dire que j’ai eu une préparation compliquée (3 semaines d’arrêt) 10 jours avant le départ, je ne pouvais toujours pas tenir l’allure sur un kilomètre, j’ai alors envisagé de ne plus le courir, puis de faire que la première moitié. Finalement, les sensations étant revenues, je me suis mise à garder en tête de pouvoir tenir les moins de 4 heures voir même de me rapprocher des 3h50, l’allure travaillée à l’entrainement. Les 10 premiers kilomètres sont un bonheur, je suis bien, l’allure tenue entre 5’25 et 5’30 passe à merveille. Le parcours défile même si le décor ne fait pas rêver. Je passe le semi en 1h56, mais ça je ne le saurais qu’après la course. En effet, j’ai choisi de ne pas trop prêter attention à la montre, plus aux sensations, en me répétant que je voulais « bien le vivre » et que donc, l’allure serait celle de ma forme (mais si j’avais su à l’avance le chrono final, je n’aurais peut-être pas adopté cette stratégie). Patatra, à partir du 25ème, et clairement jusqu’à l’arrivée, je perds en puissance. Je ne me sens pas particulièrement mal, mais l’allure n’est plus aussi rapide, mes kilomètres sont aux alentours de 5’50, et lorsque j’essaie de réagir, je sens que c’est trop difficile. 

 

 

Soulagement au 32ème…

Je passe le 32ème avec un certain soulagement, en effet, l’année dernière, mes jambes étaient devenues toutes dures à partir de là, donc je me dis que je suis mieux préparé, mais comme mon allure n’est toujours pas super, j’arrête également de prendre le temps par kilomètre, et met ma montre juste sur l’heure. Au 37ème kilomètre, je me dis qu’il n’en reste que 5, que c’est 12,5 tours de piste, que ce n’est rien. J’essaie encore une fois d’accélérer, mais ça ne réagit pas, je suis en hyperventilation, alors je laisse tomber. Elle est là mon erreur. Si jamais été plus vaillante, si j’avais serré un peu plus les dents, je l’avais ce « sub4 ». Je passe le 39ème, j’en suis à 3h43 de course, j’ai tellement fais de 3000 allure marathon que je sais que j’en ai pour 17 minutes environ, et que 43+17=60. Je me bouge, je le veux ce chrono, alors je relance la machine, je donne ce qu’il me reste. Mon mari est au 41,5km, il me crie de donner tout ce que j’ai, qu’il me reste que 800m. Alors je l’écoute, je donne ce que je peux, et ce qu’il me reste ne sera pas suffisant. J’arrive à la hauteur du panneau qui indique les 150m derniers mètres, mais je cours depuis 3h59’’30, et je sais que ça ne sera pas possible de les parcourir en 29 secondes. Je m’effondre en larme après avoir franchi l’arche. Ce ne sont pas des larmes de douleur, ni de joie, juste une immense déception. Après tout, le marathon, c’est l’école de la vie. On passe par une multitude de sentiments, on vit des moments de joie, mais parfois de grandes déceptions, et c’est pour ça que c’est beau non ?

 

Aleen (@fin_aly_running)

 

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