3h38 au marathon de Londres 2018 :

Chaud time !

Show time, chaud time ! - Crédit photo : Neil Dejyothin
Show time, chaud time ! - Crédit photo : Neil Dejyothin

Boston, lundi 16 avril 2018, 13h41. La ligne d’arrivée vient d’être franchie. Première priorité : enlever ces vêtements détrempés et s’habiller pour se réchauffer et arrêter de trembler. T-shirt, pantalon, veste et sweat secs stoppent instantanément les tremblements. Deuxième objectif : commencer à récupérer. Dans six jours, je cours le marathon de Londres. J’ouvre une bouteille d’Overstims récupération. Objectif : ingurgiter la dose optimale de sucre et de protéines dans la fenêtre métabolique d’une demi-heure qui suit l’effort. Je saisis une petit bouteille d’eau et transvase le liquide dans le récipient Overstim’s. Je secoue énergiquement. Je bois. Il reste quelques grumeaux. Je secoue à nouveau. J’avale les 50 centilitres d’une traite. J’avais oublié avoir opté pour le parfum chocolat. Je peux aller vers mon train pour rejoindre Brookline. Durant le reste de la journée, je me concentrerais à boire régulièrement pour bien éliminer. Mardi 17 avril : je continue à m’hydrater abondamment. La nuit a été très bonne. En soirée, je cours à la nuit tombante. Je repasse par le parcours du marathon de la veille. Au kilomètre 38, là où Audrey et les enfants étaient censés venir me voir si la météo n’en avait pas décidé autrement. La foulée est beaucoup plus fluide que le veille au même endroit. La séance ne dure que vingt minutes. Le seul objectif est de décrasser la machine. J’imaginais un temps refaire une sortie dans la semaine. Il n’en sera rien. 

 

En marge des promenades et sorties familiales, j’ai toujours ma bouteille d’eau avec moi. Je fais par ailleurs une cure de Stimium « Récupération MC3 ». Quatre sticks quotidiennement pendant 8 jours. Nous sommes déjà jeudi. Il est temps de boucler les valises. Un dernier check à distance avec Laura avec qui nous avons échangé notre logement à Paris pour caler la restitution des clés et nous voilà en route pour Logan Airport. Le vol Boston - Londres British Airways 214 se fait de nuit. Difficile de bien dormir. J’engrange quand même quelques heures de sommeil. On nous prédit du beau temps dans la capitale anglaise. Nous sommes toutefois surpris par la chaleur à la sortie d'Heathrow. Direction l’hôtel dans un premier temps. Resto italien ensuite. Pasta évidement pour moi. Même si Héloïse est fan des « running expo » (elle pense que c’est un lieu fait pour danser depuis sa découverte de la piste Asics lors du Salon du Runnning de Paris il y a deux ans), je pars seul à l'ExCel récupérer mon dossard. Je ne traîne pas, quelques photos et je suis déjà à la sortie du site. J’aperçois un homme avec une « célébration jacket » du marathon de Boston 2018. Je me dirige vers lui. Paul est irlandais. Il enchaine comme moi les deux courses en sept jours. Nous reparlons des conditions exécrables de Boston. Nous échangeons nos coordonnées et nous nous souhaitons bonne chance pour dimanche. Retour dans Londres. La journée du samedi est consacrée à des visites « portées ». Ca m'arrange. London bus, London Eye, London boat… La chaleur se confirme. Comme à Boston les messages de sensibilisation de l’organisation s’entassent dans ma boite mail. Le message s'étire en  longueur et se conclut de la façon suivante « It will be a hot day and it is very important that you adjust your plans for Race Day accordingly ». Pas de problème, c'était prévu...

 

 

 

Start : 10:00 AM

Londres, dimanche 22 avril 2018, 6h30. L’avantage, avec un départ à 10 heures et un temps de trajet limité à une vingtaine de minutes, c’est de pouvoir prendre le petit déjeuner proposé par l’hôtel. Quasiment toutes les tables du restaurant sont occupées par des marathoniens. Je démarre par une première partie de petit déjeuner sucré. Puis œufs brouillés, bacon… et beignets de pommes de terre frits (chut… je n’ai pas pu résister à la tentation). Allez c’est parti, direction Waterloo Station. Tout est bien indiqué. Mon dossard me permet de passer sans payer. J’aperçois quelques coureurs qui prennent la même direction que moi. Au fur et à mesure que nous avançons le groupe grossi. Arrivé à destination, le quai est rempli de runners affublés de sacs de la course à destination des consignes. Nous arrivons à l'arrêt Blackheath. Le train se vide. Nous traversons un  charmant village pour nous diriger en file indienne vers Greenwich Park. Si à Hoptinkon, j’avais l’impression de débarquer aux « vieilles charrues », la petite chapelle au beau milieu de l’étendue verte me fais penser à un « pardon » organisé au printemps dans les petites commune bretonnes. Le panneau digital me remet dans la course.  Une flèche et la mention « all runners » nous indique le chemin à suivre. Au loin, nous apercevons les dirigeables et les stands d’accueil des participants. Le soleil est déjà bien présent. Les t-shirts sont légions. Ca change de Boston.

 

 

 

Matthieu, retrouvailles bis !

A peine rentré dans la Blue Area, la zone d’attente qui m’est attribuée, j’entends quelqu’un qui m’appelle : c’est Matthieu. Nous sommes quelques dizaines de milliers et nous tombons l’un sur l’autre. Aussi improbable que de se retrouver à l’aéroport de Roissy au mois de février et de se rendre compte que nos vols aller comme retour sont les mêmes pour le Japon alors que nous ignorions l’un et l’autre que nous avions prévu de courir le marathon de Tokyo (retrouvez les retex de Matthieu sur tripandrun.fr ici). Mat est en compagnie de Laurent. Nous attendons une heure trente environ, soit la même durée que pour le marathon de Boston. Mais ici le temps passe paisiblement sous le soleil. Tout est fluide : toilettes, dépôt des sacs, ravitaillements solides et liquides… Finalement l’heure du départ arrive sans que nous ayons vu le temps passer. Dans le sas, nous échangeons avec quelques français présents à nos côtés. Le silence se fait pour God Save The Queen. La reine est justement présente cette année pour le départ. Nous l’apercevons sur le grand écran. Place ensuite à la présentation des coureurs élites que nous voyons à quelques dizaines de mètres devant nous. Le plateau est impressionnant. La course réunit notamment trois champions olympiques : Kenenisa Békélé, Mo Farah et le boss actuel de la distance reine : Eliud Kipchoge. Rien que ça ! La quête du record du monde tient à coeur aux organisateurs londoniens qui mettent les moyens pour chiper cette référence à Berlin. La météo risque cependant de compliquer les choses… Un claquement raisonne dans Greenwich Park. Les dragster sont lâchés. Je coupe la ligne 57 secondes après les stars mondiales de la discipline. L’avenue qui nous sert de rampe de lancement est bordée de pavillons plus charmants les uns que les autres. Le public est déjà présent en masse. Les premiers « Go runners ! » fusent. Je fais attention de ne pas partir trop vite. Ayant puisé dans mes réserves au delà de ce que je pensais à Boston, je me suis fixé sur 3h45. 5’20 au kilo donc ici. 

 

 

Souviens-toi l’ischio droit…

Sur la première partie de course, j’ai du mal à respecter cette règle. Je suis plutôt sur un rythme à 5 minutes au kilomètre synonyme de 3h30 à l’arrivée (5’02 et 5’03 sur les deux premiers tronçons de 5 Km). Le quartier de Greenwich est très agréable pour un jogging de mise en route. L’atmosphère est déjà exceptionnelle. Avoir l’opportunité d’être au coeur de cette ferveur et être soutenu par autant de personnes est vraiment une chance incroyable. Les jambes se portent à merveille. J’ai l’impression de courir un footing de récupération qui suit une séance active sur piste par exemple. Seul point d’alerte, je sens mon ischio droit bien raide. L’énorme crampe subie en fin de parcours lundi a laissé des traces. Je crains qu’elle réapparaisse à tout moment… Mais je décide de me changer les idées, de ne pas y penser pour ne pas me crisper comme à Boston lundi dernier. Je profite de ces quartiers de l’Est de Londres et de leur atmosphère so hot. Ce premier tronçon de 10 bornes nous ramène sur Greenwich Park. Juste après la sortie de celui-ci, l’heure est venue d’enrouler le magnifique trois mats « Cutty Shark », première séquence emblématique du London Marathon.

 

 

C’est show-time, j’en profite !

C'est Show Time ! Les coureurs s'en donnent à coeur joie ! Même "Chrismas Tree" est à la fête - Crédit photo : Neil Dejyothin
C'est Show Time ! Les coureurs s'en donnent à coeur joie ! Même "Chrismas Tree" est à la fête - Crédit photo : Neil Dejyothin

 

La séquence menant à la borne 20 me permet de me libérer complètement, oublié l’ischio droit. Sur le bord de la route comme sur le bitume c’est show-time. Je décide de profiter de l’événement au maximum, de ne pas me recroqueviller pour lutter contre le froid comme dans le Massachusetts. Je tape dans les mains qui se tendent, j’encourage les coureurs qui arborent leur soutien à une asso ou une cause, je pose pour les photographes… Aux alentours du Mile 11, Neil, l’un d’entre eux saisi d’ailleurs l’une de mes pitreries. Beau souvenir dans la boite ! Parmi les coureurs qui portent une cause : le sapin de Noël fait fureur. Un courageux a décidé de défier les 26.2 miles londoniens et la chaleur, déguisé en arbre de Noël et bardé de guirlandes et de boules. Et l’attirail fait un malheur ! Je cours quelques kilomètres à ses côtés. Les « come on Christmas Tree ! » s’enchaînent les uns après les autres. Impressionnant, quel succès ! Il est alors temps d’aborder la deuxième séquence célèbre du parcours : Golden Bridge. Ce passage est impressionnant. C’est comme si le marathon de Paris offrait à ces coureurs l’opportunité de passer sous la tour Eiffel. Mon regard se balade de gauche à droite pour admirer la Tamise et ses rives. Impossible également de ne pas lever les yeux pour profiter de l’édifice et la chance inouïe de courir à cet endroit. Ce lieux majestueux est également synonyme de kilomètre 20. L’allure est un peu tombée mais laisse entrevoir un 3h35 au final.  

 

 

Jouer un tournoi de tennis avec Nadal et Federer…

Kipchoge encore entouré de ses deux lièvres. A l'arrière plan, avec ses lunettes, Mo Farah - Crédit photo : Neil Dejyothin
Kipchoge encore entouré de ses deux lièvres. A l'arrière plan, avec ses lunettes, Mo Farah - Crédit photo : Neil Dejyothin

La portion qui suit nous mène à la fois vers la mi-course et nous permet de croiser la fin du parcours. L’ambiance est impressionnante. J’aperçois des voitures qui approchent de l’autre côté de la route. Puis des motos. C’est la tête de course qui arrive ! Je serre sur la gauche, contre les rambardes, pour voir les cadors. J’aperçois deux coureurs. Un maillot blanc mène la danse. C’est tout simplement Eliud Kipchoge, champion olympique sur la distance. Dans son dos : Tola Kitata. L’ultra favori semble être surpris d’avoir encore l’éthiopien à ses basques. Je perçois que son regard qui va de gauche à droite cherche à jauger l’état de forme de son adversaire après 35 kilomètres de course. En compagnie de mes voisins marathoniens, nous encourageons le duo. Puis nous reprenons notre route. Mais déjà le troisième homme se dessine au loin. J’aperçois ses manchettes jaune fluo. Alors que l’ambiance était déjà XXL, je perçois une vague qui se rapproche de moi. Et cette vague c’est ce coureur qui la génère. Le public anglais est tout simplement en transe devant son champion : Mo Farah. Les coureurs qui m’accompagnent sont quasiment tous arrêtés pour encourager la star. Quand il arrive à notre niveau, à peine à cinq mètres de nous, nous lançons des « Go, Go, Go » à tue tête. C’est exceptionnel. Nous courons la même course que la référence absolue actuelle du marathon, Eliud Kipchoge et que l’une des stars planétaires de l’athlétisme Sir Mo Farah. Nous les avons presque touché du doigt. C’est comme si nous jouions un tournoi de tennis avec Raphael Nadal et Roger Federer. Enorme ! Au final, le classement restera tel quel. 1-Kipchoge (2h04’17), 2-Kitata (2h04’49) et 3-Farah (2h06’21). Pas de record du monde, mais l'’athlète britannique battra lui le record de Grandre Bretagne, vieux de presque 34 ans, pour le plus grand plaisir de la foule. De mon côté, le semi est atteint en 1h47’29, soit toujours une projection à 3h35 à l’arrivée. Parfait. Du moins en théorie. Le marathon n’a pas commencé. 

 

 

#FlyThe6 : Bruce compagnon de route

Pour rallier le 25ème kilomètre, nous longeons la Tamise sur l’autre berge et en revenant en arrière. Je prends le temps de découvrir le nouveau bracelet bleu blanc rouge que je porte à la main droite. Oui nouveau, c’est Bruce qui me l’a offert. Mais qui est Bruce ? Ce coureur est un participant au marathon dont le t-shirt portant les mention Tokyo 2018 : check, Boston 2018 : check et London 2018, Berlin 2018, Chicago 2018 et NYC 2018 : soon. Bruce est tout simplement un marathonien qui est en route pour les 6 World Marathon Majors sur l’année. Je remonte à sa hauteur afin d’essayer de mémoriser son numéro de dossard. Il voit que je regarde l’avant de son maillot où on retrouve les mentions que j’avais lu sur l’arrière. Du coup il me fait un clin d’oeil. Nous lançons la discution pendant quelques secondes. Je lui explique que je suis sur la même voie que lui. Nous échangeons sur Boston. Sur la différence de température. Il me temps un bracelet aux couleurs des USA et lâche : « see you in Berlin ». Je ralenti l’allure et le laisse s’échapper. J’espère que nous aurons effectivement l’occasion de rééchanger dans des conditions plus confortables. A Berlin ou ailleurs… Le panneau 25 est sous mes yeux. L’allure est stable. Tout est sous contrôle. Nous tournicotons ensuite au milieu des buildings de Canary Wharf le second quartier d’affaires local après la City. Il nous arrive ici de trouver des secteurs avec un peu moins de public. Mais cela reste rare. Le passage du 30ème kilomètre se fait à la fin d’un long faux plat montant qui s’étire sur près de 3 kilomètres. L’allure sur les 5 derniers reste très régulière (5’09).

 



 

Aussi mouillé qu’à Boston…

Je commence par contre à bien sentir l’avant de mes cuisses. Visiblement le passage du seuil des 70 kilomètres hebdo en course plait moyennement à mes quadriceps. Rien de grave cependant. J’aurais signé des deux mains pour être dans l’état où je suis et courir à l’allure où je cours après 30 bornes à Londres. Je fais attention de m’hydrater régulièrement sans abuser non plus. Par contre à chaque point d’eau je m’asperge abondamment. Ventre, épaules, dos, tête… A tel point que je me sens aussi mouillé que dans le Massachusetts. Avec cependant 20 degrés de plus ! Depuis la mi-course, je vois régulièrement des coureurs contraints de marcher. Au fur et à mesure que l’on avance, les postes de secours se remplissent. La chaleur fait des ravages. Le repère 35 approche. Je suis donc au même endroit que Kipchoge et Farah tout à l’heure. Je n’ai bien évidemment pas la foulée aérienne des rois du marathon mais je gère. Le rythme a légèrement baissé sur la dernière portion de course (5’17) mais rien d’alarmant. En tout cas rien à voir avec le naufrage de Boston il y 6 jours. Par contre de l’autre côté des barrières, ça semble bien difficile pour les marathoniens qui bouclent leur première partie de course. Le peloton est divisé en deux. Une moitié de coureurs affiche un visage en souffrance et une foulée saccadée. L’autre partie du peloton marche. Dans les deux cas, le regard est déterminé. L’envie de rallier l’arrivée va quasi systématiquement l’emporter. De mon côté, je commence le décompte. Objectif 38. Pourquoi cette barrière ? Parce qu’elle ne sera plus qu’à deux kilomètre de la borne 40 ! Logique… Nous revenons sur Tower Bridge. Virage à droite pour prendre la direction de la ligne d’arrivée. Ce tournant s’accompagne d’une rampe d’accès vers le prochain secteur que nous allons emprunter. Ce secteur porte un nom : Tower Hill. Il a également une particularité : il casse les jambes. C’est sans doute la plus grosse difficulté d’un parcours dans l’ensemble plat par ailleurs. Nous longeons à nouveau la Tamise dans le bon sens cette fois. Nous passons non loin de la cathédrale Saint Paul. L’ambiance est électrique. Je continue de profiter. Le 38ème kilomètre est avalé. Cap maintenant sur le 40. Plus qu’une dizaine de minutes pour le rallier. Je commence à serrer les dents. L’allure baisse encore un peu (5’24) mais toujours rien d’alarmant.  

 

The Mail, haie d’honneur majestueuse !

Plus que deux kilomètres ! Je rentre dans le secteur où Audrey et les enfants sont censés me retrouver. Autant à Boston, j’imaginais bien qu’en raison de la météo ils ne seraient pas là, autant je sais qu’ils sont présents. Quelque part. La foule est tellement dense et les hurlements tellement intenses que je ne vois pas comment je pourrais les repérer. Je tourne la tête à gauche et à droite, je jette un oeil sur les ponts qui surplombe la course. Je ne vois rien et je n’entends rien. Tout à coup on m’appelle, sur ma gauche, légèrement derrière moi. C’est Audrey. Pris dans mon élan j’hésite, le peloton est dense, j’ai peur de me faire emplafonner par un coureur qui me suit. Puis, je fais un écart et quelques pas en arrière. Chacun son bisou. Héloïse qui est aussi déchainée que ses voisins anglais, Amaury qui a l’air de se demander ce que je fou là puis Audrey. Premier arrêt du jour, je ne traîne pas, je repars. Les panneaux s’enchaînent annonçant le dernier mile, le dernier kilomètre, les derniers yards, les derniers mètres. Je m’y perds d’ailleurs un peu et me laisse emporter par l’euphorie mais je ne vois toujours pas l’arche d’arrivée malgré un premier virage à angle droit qui, je le croyais allait me mettre sur les rails. Il faut en fait un nouveau tournant, en face de Buckingham Palace, pour déboucher sur le graal. The Mail s’offre à nous. Les drapeaux britanniques présents de chaque côté de la route nous offre une haie d’honneur majestueuse. Je profite à fond de cette dernière ligne droite. 3h38’29. Imagine 6 For Margo : mi-temps. The journey continues…

 

@_seblegoc_

 

 

Fiche équipements London Marathon 2018 :

  • Cardio / GPS : Polar M400 & bracelet OH1
  • Chaussures : Salomon Sonic RA Pro
  • Nutrition : 6 gels Overstim's (4 Energix, 1 Antioxydants, 1 coup de fouet) & boisson d'attente (ainsi que Malto et boisson récupération) et 1 Origin' Bar 
  • Compression : Boosters BV Sports (ainsi que chaussettes)
  • Textiles : maillot "Imagine For Margo, enfants sans cancer" & short Poli / Run & Freedom

 

 

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