3h00 au marathon de Tokyo :

Une promesse honorée !

Découvrir le Japon et en particulier Tokyo m’avait toujours intéressé, c’est sans doute parce que j’ai été bercé par les mangas et les dessins animés japonais à la télévision. Les récits de voyages de mon père y étaient également pour beaucoup. C’était décidé, un jour moi aussi je découvrirai cet incroyable pays. Les années ont passé, et je me suis découvert une passion pour la course à pied, très vite j’ai eu envie de courir à l’étranger et ainsi découvrir le monde. En peu de temps je me suis mis en tête de courir les world major marathons, et devinez quel marathon à fait son entrée dans le club très sélect des plus beaux marathons du monde en 2013 ? Je vous le donne en mille : Tokyo !

C’est bien beau de vouloir courir à Tokyo, il y a beaucoup d’appelés et malheureusement très peu d’élus. Cette année pas moins de 320 000 coureurs ont participé à la loterie pour environ trente huit milles dossards. Ce marathon déchaîne les passions et c’est bien normal. Pour courir au pays du soleil levant il y a quatre options possibles: soit vous êtes très rapide et vous vous qualifiez au temps (300 dossards hommes/femmes et il fallait cette année courir chez les hommes en moins de 2h45 pour obtenir le précieux sésame) soit vous obtenez votre place au tirage au sort, soit via un tour operator, soit via une œuvre de charité et vous récoltez environ huit cents euros en plus du prix du dossard (c’est à mon avis la solution la plus sure de participer à la course). 

 

 

Les mêmes conditions hivernales qu’en France

Depuis 2007, et sa première édition ouverte au grand public Tokyo se court fin février, cette année la date a un peu bougé pour finalement se courir début mars. Nous sommes toujours en hiver et, pour simplifier les choses, la course se passe plus ou moins sous les mêmes conditions climatiques que lors des entraînements hivernaux en France. Cela permet de ne pas être trop dépaysé. Il fait, à Tokyo, le même temps qu’à Paris (en hiver en tout cas). 

 

 

Des bénévoles par dizaines et avec le sourire

Notre premier jour à Tokyo est marqué par une pluie diluvienne, nous arrivions d’une semaine très douce à Paris et finalement nous sommes rattrapés par l’hiver japonais. Très vite on oublie tout ça et nous partons retirer nos dossards à l’autre bout de la ville à Odaiba pour être précis. D’énormes tentes blanches nous attendent aux pieds d’un Gundam grandeur nature. Les bénévoles par dizaines nous accueillent avec un énorme sourire, malgré le temps apocalyptique ils font leur maximum pour nous faire oublier la pluie. L’exposition marathon est à l’image des autres World Marathon Majors, vous retrouverez de nombreux produits dérivés. Je vous conseille de venir tôt à Odaiba si vous souhaitez acheter un t-shirt à votre taille, tous partent en un clin d’œil.  Je voulais revenir sur les bénévoles qui sont au nombre de 11 000 et sont simplement incroyables, ils sont véritablement aux petits soins des coureurs, ils ont toujours le sourire même sous une pluie diluvienne comme le jour de la course, je n’avais encore jamais vu ça ailleurs. Vous en verrez un environ tous les dix mètres sur le parcours avec un sac plastique pour récupérer vos gels ou avec une pancarte pour vous indiquer les prochains toilettes. C’est à mon avis les volontaires et l’organisation qui rendent la course si particulière. 


 

De la pluie et du froid…

Le marathon de Tokyo se court entièrement dans le centre de la ville. Le départ se fait à 9h15 à Shinjuku aux pieds de l’imposant Tokyo métropolitain gouverment office. Dans l’énorme masse de coureurs il n’y a pas un bruit, la question est la même dans toutes les têtes: comment va se passer la course sous cette pluie et ce froids qui n’ont pas prévu de nous laisser tranquille. Tant pis il faudra faire avec ! De mon côté bien emmitouflé dans mon poncho du semi marathon de paris j’essaie de me réchauffer en appréhendant le moment où j’allais devoir m’en séparer (l’organisation demande à tous les coureurs de se présenter sur la ligne de départ au minimum 45 minutes avant le coup de pistolet, quand il fait beau, tout va bien, mais sous une pluie glaciale du mois de mars les minutes comptent double). Finalement malgré ce temps très compliqué pour un marathon je ne souhaiterais être nulle part ailleurs.

 

Les confettis volent de toute part !

Après les mots du président du marathon, l’hymne japonais et une brève chanson à capella d’une chorale d’enfants japonais le départ est donné, les confettis volent de toute part, les fauves sont lâchés ! J’essaie de me faufiler entre les coureurs du 10 Km et les marathoniens qui optent pour un départ prudent. Shinjuku c’est un peu le « Time Square » de Tokyo, la nuit les panneaux publicitaires et les enseignes pleines de lumière nous en mettent plein la vue, c’est tout aussi impressionnant de jour même sous la pluie. C’est l’un des seul jour de l’année où les voitures sont interdites dans ces artères si bouchées d’habitude, c’est d’ailleurs pour permettre une reprise de la circulation au plus vite qu’il est demandé aux coureurs de passer le 10eme kilomètresavant 11h00, et les japonais sont très stricts sur les horaires, il n’y aura pas de passe droit. Je vous conseille de bien garder cela en tête, le début du parcours de Tokyo est le seul de tous les marathon au monde à avoir des barrières horaires   strictes (après le 15eme kilomètres c’est plus cool et tout le reste du marathon peut se courir au rythme de chacun).

 


Quelques mètres devant le peloton des 3h00…

J’essaie de garder mon rythme en évitant au maximum les flaques d’eau par centaines, un groupe très important de coureurs encadre les meneurs d’allures des 3 heures, j’ai toujours du mal avec les groupes compacts ou tout le monde joue des coudes pour rester au plus près des meneurs d’allure, je me sens bien mieux quelques mètres devant le peloton. Les supporters sont très nombreux sur les trottoirs, ils nous  encouragent en faisant très peu de bruit, on est bien loin de l’hystérie londonienne où les gens vous hurlent dessus. Je pense qu’il est simplement compliqué d’applaudir avec un parapluie dans une main, c’est aussi simple que ça. Le 10km est en vue et nous trouvons alors à Nihombashi, de l’autre côté de la rue les athlètes en fauteuils déboulent à toute vitesse. Ils viennent de passer le 27eme kilomètre et se lancent dans la dernière partie du marathon, c’est incroyable la vitesse à laquelle ils effacent les kilomètres, le vent ou la pluie n’ont aucun effet sur eux, je suis simplement soufflé de les croiser, ça me donne un regain d’énergie pour la suite. A partir du 10eme kilomètres le parcours fait plusieurs allers-retours dans les rues tokyoites, et nous filons au nord pour rejoindre Asakusa au 15eme kilomètre, c’était mon repère visuel dans le parcours, cet imposant temple au lampion démesuré est impossible à rater. Le parcours nous emmène ensuite au sud vers Kiba, nous sommes alors au panneau 20, nous revenons ensuite sur nos pas en direction de Ryogoku. 

 

Ravi de voir Heloïse puis Thierry !

Nous croisons désormais énormément de coureurs sur la voie de gauche, c’est une motivation supplémentaire pour ne pas lâcher, par contre par moment, je sors de ma course en essayant de reconnaître mes amis parmi le flot de marathoniens, on ne peut pas tout avoir. Je suis d’ailleurs ravi de voir Héloïse, puis Thierry peu après qui comme moi se battent de toutes leurs forces contre les éléments ! Un énorme bravo à vous pour vos courses. Le 30eme kilomètres se profile dans les rues très huppées de Ginza. Se sont les Champs Élysée de Tokyo, c’est incroyable d’être ici, je mesure toute la chance qu’il m’est offerte de pouvoir participer à cette aventure (il n’y a cette année seulement 136 français engagés cette année). Ginza passe très vite finalement et déjà se profile la dernière portion de la course: un aller retour depuis Hibiya jusqu’à Shinagawa. Nous apercevons les Kenyans et les coureurs élites japonais. IIs en terminent, je me dis que je ne peux pas lâcher aussi près du but, il faut que je tienne bon et donner mes dernières forces dans la bataille, surtout ne jamais rien regretter. 

 

 

Plus qu’une « simple » ligne droite de 7 kilmomètres…


Le 35eme kilomètre annonce le retour vers le centre ville, il ne reste alors plus qu’une « simple » ligne droite de 7 kilomètres, je croise alors David, un coureur parisien, qui quitte son poncho bleu du semi de paris, je vais à sa hauteur et je lui lance quelques mots pour le motiver à terminer ensemble. Sur son dos un dossard bleue des World Marathon Majors est épinglé. David est comme moi en quête des big six. Tokyo Station est en vue, on s’accroche pour les quelques mètres qui nous séparent de la ligne d’arrivée. Le chronomètre indique 3h00min54 secondes, je tombe dans les bras de David et très vite on discute de nos différentes étapes qui nous ont mené à Tokyo. L’arrivée est différente des autres courses, il y a une zone bien définie pour chaque couleur de dossard, Tokyo Station est si grande que nous sommes tous éparpillés dans tous les coins de la gare. Je vous conseille de prévoir bien à l’avance un point de ralliement loin de l’arrivée car retrouver une personne dans cet enchevêtrement de couloirs n’est vraiment pas facile. Vous l’aurez compris j’ai adoré ce marathon tellement différent des marathons en Europe ou aux États Unis, j’espère que ce compte rendu vous aura donné envie de tenter l’aventure japonaise très bientôt. Je tenais surtout à féliciter mon frère Baptiste qui lui aussi devient finisher du big six. Je lui avais fait la promesse de faire avec lui les plus beaux marathons du monde en six ans. Je suis tellement content d’avoir pu honorer cette promesse. Tu es incroyable Baptiste, bravo pour toute cette aventure incroyable à tes côtés !

@amarlault

 

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