2h59 au marathon d'Amsterdam :

Le grand jour !

Arrivé sur Amsterdam samedi en début d’après-midi, le temps de déposer les affaires à l’hôtel et hop direction le village expo du TCS Amsterdam Marathon. Dossard en poche, je fais le plein de pâte le soir pour avoir des forces pour affronter mon septième marathon. Le jour J, le réveil sonne à 6 heures. Je n’ai pas de mal à me lever malgré une nuit un peu agitée. Comme avant chaque grande course, j’ai mon rituel au petit-déjeuner : flocon avoine, mélange de graines, lait d’amande, un fruit de saison et un thé. Je prends aussi une bonne douche chaude très longue pour me détendre. Je me note les temps de passages pour une allure à 4’15 et à 4’10 sur le bras. Ce seront mes deux barrières à maintenir.

7h30 : direction le départ, passage aux toilettes, à 8h30 j’entre dans l’enceinte du stade pour me mettre dans le SAS jaune (2h40 - 3h00). Je tombe sur un couple que je suis sur Instagram, une belle rencontre qui fait plaisir. L’arrivée dans le stade me file la chair de poule. Il y a déjà plein de monde dans les gradins. L’ambiance est là, les sourires sur les visages et voir certains déjà s’échauffer me donne de l’énergie.

 

 

Évacuer un peu la pression

Je tombe sur un gars de mon boulot, top ça permet de discuter un peu, de ne pas penser au marathon et d’évacuer un peu la pression. Par chance il a son téléphone (j’avais décidé de ne pas le prendre le miens…). Nous en profitons pour prendre quelques photos. Puis, je retrouve mes acolytes de club. Quelques échanges, on se souhaite bon RP, dernier pipi lié au stress et c’est parti pour quelques gammes histoire de chauffer les jambes et de faire monter le cardio. Direction le SAS, je me faufile vers l’avant avec mon sac-poubelle sur le dos. On se tient chaud en attendant l’heure H.

 

 

Une étrange impression m'envahit

Cinq minutes avant nous, c’est le départ des Élites sous des jets de fumée, ça y est j’y suis, c’est peut-être le Grand Jour. 09h30 : let’s go Ben, un demi-tour de stade et nous sommes lancés à l’assaut des 42 kilomètres restants. À la sortie du stade, une étrange impression m’envahit, comme si je savais au plus profond de moi que c’était aujourd’hui que j’allais accomplir un exploit. Il y a beaucoup de spectateurs de chaque côté des barrières, les photographes officiels sont déjà présents. Ils sont postés à plusieurs endroits sur les 10 premiers kilomètres, je n’en avais jamais vu autant ! Pas de bouchon, le départ est plutôt fluide même si j’entends des gens hurler derrière et des bruits comme si certains étaient tombés. Je décide de ne pas partir trop vite, quitte à perdre quelques secondes sur la première borne. Pas grave, il vaut mieux en perdre au 1er kilo plutôt que d’aller trop vite et de le payer plus tard. Je passe le premier kil assez facile, je me sens très bien (4’17).

 

 

Le rythme est plutôt bon

Nous nous dirigeons vers le quartier des musées, nous passons sous le Rijksmuseum (Km 4). Déjà 5 bornes et le rythme est plutôt bon, je suis dans les allures cibles : 21’03. Surtout ne pas s’emballer ce n’est que le début. Nous attaquons alors une portion légèrement montante et descendante. Après coup, quand je vois mes chronos je me dis que ça devait plutôt être descendant (du 6 au 10e kilomètre : 4’06 - 4’08 - 4’07 - 4’08 - 4’09). C’est une partie où on se croise. J’aperçois la tête de course accompagnée des motards. Je cherche mes potos mais je ne les verrais jamais tout au long du parcours. Au panneau 10, je suis toujours dans le timing : 41’41, à une seconde près pour une allure à 4’10.

 

 

Le trou de mémoire…

Trou de mémoire sur ce qu’il c’est passé ensuite. Jusqu’au 14e où je me souviens que nous attaquions alors une longue traversée le long de l’Amstel. Cela va durer 12 kilomètres, 12 kilomètres à longer le fleuve ! Je regarde les superbes baraques qui nous entourent. Très peu de spectateurs sont présents sur cette portion. Aucun bruit hormis celui de nos pas… Nous courons tous à peu près à la même cadence. J’essaye de me cacher un peu du vent, même s’il est très faible. Je sens que j’ai un peu froid. Je commence à avoir mal au ventre, je prie pour ne pas devoir m’arrêter. Une animation avec des flyboard DJ’s me sort de cette ambiance calme et évite que je pense en permanence à mon chrono même si j’ai souvent les yeux rivés sur ma montre et mon avant-bras. Aux bornes 15 et 20, je suis toujours dans les temps (allure à 4’10).

 

 

Je commence à manquer d’eau

« La victoire est d'autant plus belle que la difficulté de surmonter est plus grande ». Cette phrase résume bien ma seconde partie de course. Je commence à ne plus avoir d’eau (j’étais parti avec une flasque de 500ml d’Iso + Aptonia) et le gel prit au 15e ne passe pas très bien (c’était ma crainte pendant la prépa car je n’ai pas assez testé mes barres et gels) J’espère ne pas devoir m’arrêter car je sais que ça serait catastrophique pour la suite. Il y a des ravitos tous les 5 kilomètres, voire moins pour l’eau eau, alors je n’hésite pas à remplir ma flasque. Nous quittons l’Amstel et nous retrouvons de nouveau des spectateurs. Il y a plein de nationalités, des encouragements dans toutes les langues, les drapeaux français sont présents en nombre, la magie des marathons. Ça redonne du baume au cœur et entendre mon prénom, même mal prononcé ou avec un accent, m’aide.

 

 

Je cogite à mort !

Au bout de 30 kilomètres je suis encore dans les clous pour faire un chrono de ouf (2h05’07 vs 2h05’00 - 4’10) mais je sais que c’est là où tout va se jouer. J’ai peur d’avoir été trop rapide, de me prendre le mur, d’avoir des crampes… Bref, je cogite à mort ! D’ailleurs je sens que mes mollets sont de plus en plus durs, il n’est pas question de revivre mon « Nice - Cannes » alors je chope toute l’eau que je peux au ravitaillement. Par contre ça n’est pas de l’eau mais de l’Isostar au goût hypersucré. Mais je n’ai pas le choix. Je prends aussi tous les 5 kil un gel de cette même marque pour garder de l’énergie.

 

 

Ça commence à être dur

Au passage du panneau 35 je tiens le tableau de marche (2h25’58 vs 2h25’50). Mais ça commence à être dur, il va falloir garder le mental, je m’accroche à d’autres coureurs, je me gueule dessus (et oui ça arrive !) à haute voix pour me motiver « allez putain tu peux le faire ». Il va y avoir des descentes et des montées et surtout un passage sous un pont qui va me faire perdre quelques secondes précieuses. De plus en plus de gens commencent à marcher, j’évite de les regarder et reste dans ma course. Km 39, avant de rentrer dans le Vondelpark, une belle surprise m’attend. Marion qui est à Amsterdam pour le Semi me voit et hurle de toutes ces forces. Ça me reboost. Je reconnais le parc puisque nous l’avions pris à l’aller. Malgré tout, je lâche de précieuses secondes. Mon allure tombe : 4’21 sur le segment 38, puis quasiment la même chose sur le 39e kilomètre (4’20). Mais ça va j’ai un peu de marge.

 

 

Une foule en liesse dans le stade !

Après 2h47’15 j’ai parcouru 40 kilomètres. Il me tarde de voir la ligne d’arrivée, c’est dur et j’ai encore envie d’y croire. J’ai un écart de distance, entre ma montre et chaque kilomètre annoncé qui s’allonge de plus en plus (500 mètres à ce stade). Ça va jouer en ma défaveur sur le chrono finish. C’est quand même quelque deux minutes de plus à l’arrivée ! Ça y est, la fin est proche, nous arrivons enfin dans le stade. La foule est en liesse, j’entends mon prénom dès que je foule la piste (merci les copains du club) alors je tente une accélération et la… C’est le drame. L’Isostar bu jusque-là fait le chemin inverse.

 

 

Des coureurs me relèvent, d’autres me prennent dans le bras…

Je me tords de douleur mais rien à faire l’arche est là. Vas y fonce ! Je vois le chrono en moins de trois heures. Ne t’arrête pas, vas au bout ! Les gens ont dû me voir sur grand écran car j’entends des « ohhh, argghh », mais je m’en fous je suis FINISHER en 2h59. Je m’effondre, des coureurs me relèvent, d’autres me prennent dans les bras, nous avons fait un super chrono, le sport nous rapproche, c’est dingue alors qu’on ne parle pas la même langue, qu’on ne se connaît pas… Bref Vive le Sport. On me passe la médaille autour du cou, on me prend en photo. Je ne comprends pas bien ce qu’il se passe. Je fonds en larme, ma famille sera aussi fière de moi. Direction la gravure de la médaille. Place ensuite à un super massage puis à un combo hamburger - frittes (merci les food trucks installés aux abords de l’arrivée). Je peux enfin savourer ma victoire.


@run_ben_78

 

Résultats en détail

  • À ma montre 42,79 Km pour 2h59’05
  • Temps net : 2h59'09
  • 688e / 13 480
  • 655e homme / 10 111
  • 103e V1 / 1 670

 

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