47 min 46 sur les10 Km l’Equipe

J’ai découvert le job de meneur d’allure !


Licencié de Free Runners Le Club, je suis donc en contact avec Dominique Chauvelier, patron des meneurs d’allure. Impossible de dire non quand « Chauchau » m’a proposé de porter la flamme sur les 10 Km l’Equipe.

 

Le recrutement


C’est en marge du Marathon de Genève que le boss m’a fait la proposition. « Ça te dirait de tester ? ». Évidemment, par contre impossible de ne pas avouer qu’une certaine appréhension s’est révélée à ce moment-là. « Oui, par contre je pense qu’il est préférable de prévoir de la marge et de compter sur moi sur 3h45 ou 4h… ». Obnubilé par mon marathon genevois, je n’avais alors que la distance reine en tête. « C’est aux 10 Km l’Equipe que je pensais ! » me répondit immédiatement « Chauchau ». Évidemment ! Plus d’appréhension. Un 10 bornes pour se tester. Le top. 48 minutes. Nickel !


3 semaines avant l’épreuve « on touche les équipements… »

 

Ceux qui aiment le foot se souviennent sûrement de cette séquence du reportage, dédié à la coupe du monde 98, « les yeux dans les bleus » où en début d’épopée Lilian Thuram pose cette question : « Quand est-ce qu’on touche les équipements ? ». Pour les meneurs d’allure, les équipements arrivent trois semaines avant l’épreuve, histoire surtout de se faire aux chaussures. Partenariat avec les 10 Km L'Equipe oblige, c’est Puma qui s’y colle. Côté chaussures, c’est du bleu pour ces messieurs, et un ton parme/violet pour ces dames. Modèle Faas 600 v2 dans les deux cas. La panoplie des meneuses est complétée par un ensemble fait de bleu foncé et de bariolages qui ne passent pas inaperçus. Les hommes courront avec un T shirt rouge frappé du slogan actuel de la marque allemande : « Forever Faster » (pas vraiment d’actualité pour les meneurs le jour J). Le short noir est sobre mais très efficace. Nul doute qu’il verra d’autres sorties running plutôt que de croupir dans un tiroir.

 

La veille de la course : le village 10 Km l’Equipe – Puma

Le premier RDV collectif est donné sur le village 10 Km l’Equipe – Puma la veille de l’épreuve. L’objectif est de faire le tour des stands afin de faire quelques photos, en particulier avec les partenaires. Cela permet également, aux trois bizuts meneurs, de faire connaissance avec la joyeuse bande. Le tour des pototes commence donc par le stand Puma, se poursuit sur l’espace du journal l’Equipe et se termine chez Humanis partenaire des meneurs pour l’occasion et dont le logo  apparaît sur nos flammes.


7h45 le jour J, on va enfin savoir…

RDV est donné le jour J à 7h45 pour se parer de l’équipement et particulièrement de la fameuse flamme caractérisant les meneurs d’allure. Occasion également de répondre à la question que tout le monde se pose et que les coureurs nous ont posé dans les sas en attendant le départ : « il ne vous gêne pas ce drapeau ? ». Laurent, meneur expérimenté, nous rassure tout de suite : « c’est léger, on la sent à peine » et Romuald renchérit : « au fil des kilomètres, on l’oublie, on ne sait même plus qu’elle est là ! ». Une fois le harnais en place, il est nécessaire de s’accroupir pour qu’un coéquipier puisse nous parer du drapeau référence au chrono sur lequel nous allons mener l’allure. Les premières foulées sont hésitantes mais rapidement les doutes sont levés, effectivement la gêne est toute relative. C’est, en fait, à l’arrêt que cela est le plus déstabilisant. L’étendard a en effet tendance à venir se porter au-dessus de la tête. Par contre une fois en marche, on ne ressent pas de gêne. La troupe peut donc se diriger vers la ligne de départ…

 

Place aux SAS

Après avoir remonté tous les sas encore vides une heure avant la course et patienté sur la ligne de départ en prenant le temps de faire quelques photos, une demi-heure avant le coup de pistolet, il était temps de prendre place dans nos sas respectifs. Le sas 48 minutes était celui des bizuts. Avec Clémence (à suivre sur le blog Runninglicious), nous découvrions en effet la « fonction ». À elle le milieu de sas, à moi  l’avant de celui-ci. Après la traditionnelle question, évoquée ci-dessus, sur la contrainte de la flamme, les interrogations de la part de mes voisins continuent : « vous allez être régulier ou vous allez prendre de l’avance pendant la première partie ? », « on vous demande d’avoir quel niveau pour faire ça ? », « le parcours est-il compliqué ? »… Après quelques réponses, il était temps de rejoindre la ligne de départ. Et d’enfin passer à l’action !

 

Entrée, plat, dessert !


Les premières foulées sur la rue de Rivoli apportent tout d’abord du calme après le brouhaha de la ligne de départ. Cela est également un premier indice indiquant que mes voisins sont très concentrés et qu’ils ne veulent (peuvent ?) pas se disperser. Nous atteignons le 3ème kilomètre et l’avenue Daumesnil sans encombre. À chaque marque de passage, notre avance oscille entre les 5 et 10 secondes. Ça roule ! À l’approche de la première « difficulté » du jour, j’annonce le menu : « aujourd’hui ça va être entrée, plat et dessert ! L’entrée va arriver dans quelques mètres avec une petite côte pour rallier la place Félix Eboué. Le ravito est juste après. Prenez le temps de vous ravitailler. Déjà vous ne perdrez pas de temps sur moi car je me ravitaille aussi. En plus après la place, il y une descente si cela est nécessaire, vous n’aurez aucun mal à rentrer. Je vous donnerai la suite du menu tout à l’heure ! »


5ème kilomètre, 5 secondes de marge : ça s’annonce bien

 

Au bas de la descente, j’ai récupéré tous mes petits. Nous passons l’arche de la mi-course, le chrono indique 23’55’’, 5 secondes de marge donc, la suite s’annonce sous les meilleurs auspices. Mes suiveurs ne sont pas bavards, leur concentration se confirme. Le fait qu’ils sont à fond ou pas loin également. « C’est dans combien de temps l’arrivée ? » glissent de temps en temps, le souffle court, quelque uns. « cool » ou « yes » lâchent d’autres lorsque j’annonce les temps de passage à chaque kilomètre. Et justement juste après le 8ème kilo, au bout de l’avenue Philippe Auguste j’annonce la suite des réjouissances : « Avant le dessert et la descente de plus d’un kilomètre qui va vous mener à l’arrivée, voilà le plat de résistance. Une petite bosse qui va nous conduire jusqu’au « Père-Lachaise. Là il restera encore un petit faux plat montant… On regarde loin, on tire sur les bras ! »


Une descente en guise de dessert et les premiers remerciements


On tire sur les bras et cette ultime « difficulté » est avalée en deux temps trois mouvements. Je me dis alors que ça va être la fuite en avant, que tous ceux qui en ont gardé sous la semelle vont décamper pour aller grappiller de précieuses secondes dans leur quête de record personnel. J’ai affaire à des runners bien élevés, attentifs et prudents. Ils attendent en fait mon signal. « Ceux qui sont bien peuvent y aller ! Il reste à peine un kilomètre cinq, tout en descente, voilà votre dessert, allez-y, donnez tout ! ». Et là, ça déboule de tous les côtés. Les petites tapes amicales affleurent sur mes épaules et les premiers remerciements sont lâchés au moment de me doubler. Ceux qui n’ont pas tenu la route et ont lâcher prise n’étant plus là je me retrouve quasi seul dans le dernier kilomètre. Je ne cesse de me retourner pour chercher des coureurs à emmener. Du coup, je me rends compte que je me suis laissé emporter par la descente. Je lève donc le pied dans les 300 derniers mètres. Je franchis la ligne. 47’46’’. Contrat rempli !


Remerciements deuxième vague...

Quelques coureurs qui avaient pris la poudre d’escampette et d’autres qui en ont tout juste fini avec leur 10 Km viennent vers moi. C’est la deuxième vague de remerciements (j’en découvrirais même une troisième sur les réseaux sociaux !). « Merci beaucoup ! », « Nous avons battu notre record, sans vous, nous n’y serions pas arrivés ! », « Ca été dur par moment mais je me suis accroché à votre drapeau »… Ces témoignages me font chaud au cœur. Il est alors temps de retrouver mes coéquipiers. Clémence me retrouve très vite, aussi ravie que moi de sa matinée. « Chauchau » et sa bande nous attendent un peu plus loin. C’est notre tour de patienter en attendant que nos collègues des sas qui nous suivaient nous rejoignent. Nous en profitons pour multiplier les photos entre nous surtout et parfois avec des coureurs qui nous sollicitent.

 

Vivement la prochaine !


C’est au tour de Romuald et Maud troisième bizut du jour de nous rejoindre. Nous sommes au complet. Nous allons pouvoir aller échanger au tour d’une bière et refaire… la course. Tout le monde affiche un large sourire, chacun a rempli sa mission. Les prochaines courses et les objectifs persos sont évoqués. De mon côté, je me réjouis de cette première et espère déjà avoir l’occasion de remettre ça. « Si cela t’a plu, au deuxième semestre il y aura des occasions, me glisse « Chauchau », un semi, un marathon sur 3h30 ou sur 3h45, on verra ! ». Et bien j’ai hâte de voir ça !


Commentaires : 3
  • #3

    Stéphane (mardi, 30 juin 2015 09:16)

    J étais dans votre sas, bravo.

  • #2

    Valéry (mardi, 30 juin 2015 05:53)

    Bravo Seb pour ton CR ! J'étais également dans ton sas mais un peu plus loin derrière ... (48'29) et n'ai pas réussi à te rattraper ! ;) J'aurais dû participer à la reconnaissance du parcours pour mieux gérer ma course. Je te souhaite de renouveler l'expérience de meneur d'allure ...

  • #1

    runninglicious (lundi, 29 juin 2015 22:12)

    super CR et merci Seb pour la citation ). c'était vraiment top... magique... et il faut que je me pose sur mon CR, je dois juste m'en remettre avant ))