Aurélia Truel, gagnante à deux reprises sur l'Eco Trail :

"Surtout ne pas partir trop vite..."

 



Privilégiant les championnats du monde de trail fin mai, Aurélia Truel ne sera pas au départ de l’Eco Trail cette année. Double gagnante de l’épreuve (2014 : 30 Km et 2011 : 80 Km), elle est malgré tout très bien placée pour nous expliquer sa façon d’aborder cette épreuve.

Paris Road Runners : Comment décririez vous les épreuves de l’Eco Trail de Paris ?

Aurélia Truel : On entend parfois dire que l’Eco Trail n’est pas un Trail. Moi ça me révolte un peu car ça n’est pas parce qu’il n’y a pas de dénivelé que c’est facile. Au contraire sous certains aspects, le fait de courir tout le temps, fait que c'est très difficile. L’Eco Trail de Paris pour moi n’est pas une course technique. Le dénivelé n’est pas très élevé. Par contre ça court tout le temps et ça c’est très compliqué à gérer sur 8 heures. Par exemple sur le Ventoux ce week-end, sur les montées, tu peux marcher, ça permet de reprendre ton souffle, de se ravitailler alors qu’à l’Eco Trail le rythme est toujours élevé. Tu récupères parfois des portions de route qui font mal. Les derniers kilomètres, pour rallier la Tour Eiffel, sur le bitume, en après-midi, qui plus est s’il fait chaud, c’est très dur.

 

Paris Road Runners : En terme d’équipement et particulièrement de chaussures comment abordez-vous ces différentes épreuves ?

AT : Sur la 80, quand j’ai gagné en 2011, je suis partie avec une chaussure de route. Les Mizuno Aero en l’occurrence. Le temps était chaud et le terrain sec, comme j’ai un petit gabarit ça a bien fonctionné. Il faut que la semelle soit en bon état. Cependant, attention, pas de départ avec des chaussures neuves, erreur, grosse erreur que l’on voit tous les ans. Ce qui est important c’est que la semelle accroche, que ça cramponne, surtout s’il fait mauvais, s’il y a de la boue. J’ai même connu un Eco Trail avec de la Neige… Aujourd’hui les chaussures de trail sont très légères. Auparavant on se posait vraiment la question du poids des chaussures entre un modèle trail et un modèle route. Maintenant la différence est très faible. Ce qui est important c’est d’être bien dans la chaussure, qu’elle fasse 50 ou 60 grammes de plus n’est pas très gênant surtout pour ceux qui ont pour principal objectif d’être finisher et de rallier le 1er étage de la Tour Eiffel. Pour vous donner un ordre d’idée si j’avais pris le départ du 30, je pense que j’aurai porté des Mizuno Wave Hayate pour la légèreté. Sur le 80, comme au Ventoux ce week-end, pour avoir plus d’accroche, je serai partie avec des Wave Mujin voir des Wave Kazan par temps sec.

 

PRR : En terme de gestion de la course que pouvez-vous conseiller aux coureurs qui vont prendre le départ des épreuves ce week-end ?

AT : Sur le 50  et le 80, surtout ne pas partir trop vite. Les vingt premiers kilomètres, on a tendance à courir trop vite, c’est plat, on se sent bien. Chez les femmes, nous sommes à 15 à l’heure, donc quelqu’un qui découvre va être à 12 – 13 à l’heure. Le problème c’est qu’il aura du mal à tenir le rythme voir même cela va lui être préjudiciable par la suite… L’an dernier sur le 30, pour moi c’était assimilable à un marathon. J’étais sur des allures à 4 au kilo. Sur la première partie, je me suis même dit, que j’allais trop vite. Le 30 c’est très ludique, c’est parfait pour un premier trail dans cet ordre de distance. Pour le 50 et le 80, il faut bien avoir en tête que, quoi qu’il arrive, à la fin, ça sera dur. Il faut donc en tenir compte dès le départ. Même parmi les meilleurs, certains se font avoir. Du coup bien souvent, les gens qui récupèrent les places d’honneur, ce sont ceux qui ne sont pas partis trop vite et qui, si on peut le dire ainsi, « ramassent les morts » sur la fin.

 

PRR : L’hydratation et l’alimentation sont extrêmement importants dans ce type d’épreuve ?

AT : La particularité de cette course c’est que les ravitaillements ne sont pas si nombreux. Premier ravito, après 20 bornes là pas de soucis. C’est après qu’il faut bien gérer et que cela peut se compliquer. De mon point de vue, les coureurs ne prévoient pas assez de boissons et du coup ne boivent pas assez. Il faut vraiment faire l’effort de bien s’hydrater et s’alimenter. Moi par exemple je me force à boire 500 à 600 millilitres par heure de course. Si les températures montent prévoir une casquette, se rafraîchir à l’aide d’un gant à chaque ravitaillement. Tout cela évite notamment les crampes. On constate souvent à l’Eco Trail que beaucoup de coureurs souffrent de crampes. En ce qui concerne l’alimentation, on constate souvent la même erreur que pour les chaussures. Certains coureurs partent avec des produits qu’ils n’ont pas testés. Ça ne peut pas marcher !

 

PRR : Comment abordez vous la récupération après une course comme l’Eco Trail ?

AT : D’abord, bien s’hydrater. Utiliser les compressions pour récupération, c’est un petit plus qui est important. Moi par exemple derrière une grosse course, la semaine après j’ai faim. Le corps a puisé dans les réserves, donc il faut bien s’alimenter pour compenser les pertes. C’est sans doute également le moment où l’on peut se faire plaisir. Ensuite il faut couper derrière de telles courses, surtout pour le 80 et le 50.

 

PRR : Vous avez déjà gagné l’Eco Trail sur 30 et 80 Km,  n’êtes-vous pas tentée par la passe de trois avec le 50 ?

AT : Si je voulais le faire, oui (sourire). J’avais dit que je viendrai pour faire le 50 mais bon, ça se goupille mal. Je suis quelqu’un qui ne court pas beaucoup, je privilégie la récupération. Pourtant, c’est une facilité pour moi l’Eco Trail de Paris, je suis à la maison, je connais tout le monde. Mais bon l’année prochaine, la course ne va pas disparaître…

 

PRR : Quels seront vos objectifs aux championnats du monde de trail fin mai ?

AT : Décrocher une troisième étoile par équipe, être championne du monde ! Concernant l’épreuve individuelle, on verra…


Aurélia Truel express

 

39 ans

Team : Mizuno

Club : Choisy-le-Roi

Sponsors : Mizuno, BV Sport, Okidosport Nutrition

 

Palmarès


- Vice Championne du Monde de Trail (FFA) 2013

 

- Championne du Monde de Trail (FFA) par équipe 2011

 

- Championne du Monde de Trail (FFA) par équipe 2013

 

- 30 Km de l'Eco Trail de Paris 2014

 

- 80 Km de l'Eco Trail de Paris 2011

 

- 2h47 au marathon, 1h16 au semi marathon et 34'50 au 10km

29/03/2014: Après avoir triomphé en 2011 sur le 80 Km, Aurélia Truel remporte le 30 Km de l'Eco Trail de Paris Ile de France.




Commentaires : 0